Linepithema humile

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La Fourmi d’Argentine (Linepithema humile), originaire d’Amérique du Sud, forme une supercolonie qui va des côtes italiennes aux côtes espagnoles en passant par la France (soit plusieurs centaines de kilomètres), et extermine les espèces déjà en place.

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  • Taille : ouvrière 2,1 à 3mm ; femelle sexuée 4,5 à 4,9mm ; mâle 1,9 à 2,1 mm. Couleur brun clair.
  • Type de société : polygyne
  • Régime alimentaire : omnivore
  • Une même colonie a plusieurs petits nids contenant plusieurs reines. On estime que la supercolonie située au nord-ouest de la Méditerranée est constituée d’un million de nids comprenant en tout un milliard d’individus.
  • Les reines se reproduisent le plus souvent sur un mode différent de celui de la plupart des fourmis : les sexués mâles se disputent les faveurs des femelles lors d’un vol nuptial. Une femelle peut être fécondée par plusieurs mâles durant ce vol, mais elle ne le sera plus jamais par la suite.

 

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On suppose que, dans leur milieu originel, deux colonies de Linepithema humile génétiquement différentes se reconnaissent par les différentes signature de leurs phéromones et se combattent jusqu’à la disparition d’une des deux colonies. Ceci serait le principal outil de régulation de leur population.

Dans un hôpital chilien, on a montré que les fourmis d’Argentine étaient porteuses de micro-organismes responsables de redoutables infections nosocomiales.

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Depuis la fin du XIXe siècle, l’aire de répartition de cette fourmi ne cesse de s’étendre sur les biotopes de type méditerranéen. Décrite pour la première fois dans les environs de Buenos Aires en 1868, d’où son nom vernaculaire, elle a ensuite profité de l’explosion des relations commerciales internationales pour coloniser le sud des États-Unis dès 1891, l’Europe de l’ouest en 1904, l’Afrique du Sud en 1908 et l’Australie en 1939 et enfin le Japon en 1993. Dans les zones où elle est apparue, elle s’est révèlée très agressive envers les autres espèces, allant jusqu’à détruire les colonies indigènes. Elle a un comportement également destructeur vis-à-vis de la flore et notamment des bourgeons. Enfin, elle n’hésite pas à envahir les habitations humaines à la recherche de sucre.

Une fois en Europe, ces colonies de fourmis ne disposent plus des éléments génétiques marquant leur appartenance à un « clan », et par conséquent ne sont plus agressives les une envers les autres. Toutefois, prévoit Laurent Keller, « on peut s’attendre à ce qu’un tel système soit instable. Quand des fourmis de nids différents s’entraident, l’apparition de reines en surnombre est favorisée et le nid manque d’ouvrières. Cela conduit normalement la colonie à sa perte. »

En une seule année, en Louisiane, on a piégé dans un verger de citronniers de 10 hectares 2 milliards d’ouvrières accompagnées de 1 307 000 reines. Soit environ 20 000 ouvrières et 13 reines au mètre carré, alors que la concentration est beaucoup plus modeste habituellement (500 individus au m²).

 

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